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Un tour du parc…

Quatorze hectares de pelouses, de bois et de taillis sauvages entourent le château. En suivant des sentiers ombragés, on passe sous les nombreux platanes plantés au XVIIIe siècle, les hêtres, marronniers, sequoias, ifs, frênes, chênes et cyprès de Lambert. Dans les friches aux lisières du parc, les « lève-tôt », croiseront d’innombrables écureuils, lièvres et chevreuils…
Derrière le château, sur deux hectares orientés vers la mer, le « Jardin Américain » a été planté en 2008, en hommage aux soldats américains et canadiens qui débarquèrent le 6 Juin 1944 à trois kilomètres du château… Mais ce jardin rend aussi hommage aux trente mille soldats français qui s’entrainèrent à Bayeux en 1774, au camp de Vaussieux, avant de partir combattre avec La Fayette pour l’indépendance des Etats-Unis.
Les chambres de verdure du « Jardin Américain » renferment une centaine d’arbustes et vivaces importés d’Amérique et du Canada :  Calycanthus, Liquidambar, Catalpa, Sassafras, Tulipiers, Cornus Florida, Halesia Carolina, Aronia, Zenobia, Oxydendrons, Rhododendrons d’été, Monardes, Franklinia, rosiers botaniques de Californie, du Montana, de l’Arkansas, etc.

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Un peu d’histoire…

Bâti en 1735 par un écuyer du Roi Louis XV, il devint de 1760 à 1789 un point de ralliement pour tous les amoureux des plantes grâce au célèbre botaniste Moisson de Vaux. Ami de Jussieu, Buffon et Linné, il créa au château de La Ferrière un jardin exotique qu’on venait admirer de la France entière.
Physiocrate et philanthrope, Moisson de Vaux introduisit le Magnolia en France et le Platane en Normandie, mais cultiva aussi la pomme de terre dans le secret (de Polichinelle) de son immense jardin potager clos de hauts murs, favorisant les vols nocturnes pour aider à sa propagation dans les couches défavorisées du peuple. Cela le rendit très populaire et lui sauva la vie à la Révolution. On le choisit même comme Président du Directoire de Bayeux.
C’est à lui qu’on doit la naissance du jardin Botanique de cette ville et surtout la plantation du fameux « arbre de la Liberté » à l’ombre de la Cathédrale, en 1797. Ce platane prodigieux est d’ailleurs le frère jumeau de plusieurs platanes du parc du château de la Ferrière, où l’on peut encore les admirer aujourd’hui…
Ses deux fils lièrent leurs destins à deux beautés de l’Empire : Pierre épousa la fille de Madame Tallien et Michel devint chambellan de la Reine Hortense de Beauharnais. Sous Charles X et Louis-Philippe, le château fut re-décoré par le Vicomte Toustain de Richebourg, historien et ami de Viollet-le-Duc, qui tripla la surface du parc, réaménagea la totalité du village pour les intégrer aux vastes perspectives d’un « parc agricole » à l’anglaise.
En 1870, le château de la Ferrière passa au Baron Issaverdens, homme de confiance d’Ismaël Pacha, Khédive d’Egypte dont il organisait les séjours Incognito à Paris… Pendant la seconde guerre mondiale, le château fut réquisitionné par les allemands, qui y installèrent tout leur parc automobile.
Le 7 Juin 1944, les allemands s’enfuirent, laissant la place aux alliés puis aux Sœurs Bénédictines de Caen, dont le couvent venait d’être anéanti sous les bombardements. Elles y demeurèrent jusqu’en 1958, y fabricant du chocolat. Le château devint ensuite une école.
Il est depuis 2007 redevenu une propriété familiale et ses propriétaires, avec patience et passion, le restaure pour lui rendre sa beauté d’origine.